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Antonio Fiori : La taxe carbone aux frontières, une fausse bonne idée

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Le référendum prévu sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, qui se tiendra probablement cette année, pourrait se révéler être une nouvelle catastrophe pour l’Europe. Si les électeurs britanniques décident de sortir de l’Union, une éventualité de plus en plus plausible, le résultat sera une profonde déstabilisation de l’Union européenne et possiblement l’éclatement du Royaume-Uni. Le renforcement du camp des europhobes représente un réel danger, et pas seulement pour l’UE. Si les électeurs britanniques décident que les structures européennes sont tellement déficientes qu’ils ne veulent plus en faire partie, ils condamneront implicitement l’union particulière qui est celle du Royaume-Uni, certes dotée d’une union budgétaire, mais qui pose problème. Le parti national écossais avait déjà manqué remporter un référendum sur l’indépendance de l’Écosse. Même dans le nord de l’Angleterre, de nombreux électeurs pourraient être séduits par la place plus importante donnée par l’Écosse à la protection sociale. Ce que partagent les Britanniques en ce moment est une désillusion croissante concernant ce que l’UE peut leur offrir, au plan économique ou autre. Mais ce sentiment n’est en rien une identité partagée. En fait, le Royaume-Uni, comme l’Union européenne, souffre de l’absence d’une identité ou d’une histoire fédératrice. Cela ne signifie pas pour autant qu’aucune identité n’ait été revendiquée. L’ancien Premier ministre a dit du Royaume-Uni qu’il « sera toujours le pays des longues ombres sur les terrains de cricket municipaux, des bière chaudes, d’irréductibles banlieues vertes, d’amoureux des chiens » et, comme le disait George Orwell, de « vieilles filles se dirigeant à vélo vers la Sainte Communion dans la brume matinale « . Mais ce qu’il décrivait est en réalité l’Angleterre. A vrai dire, les éléments constitutifs de l’identité britannique moderne semblent tous plus appartenir à l’Angleterre qu’à l’entité composite. De même, l’église officielle est l’Église d’Angleterre, établie il y a près de 500 ans lorsque le roi Henri VIII a décidé que le pape catholique n’avait pas à statuer sur sa situation matrimoniale. Une institution appelée English Heritage gère le patrimoine , des vestiges préhistoriques de Stonehenge aux vieilles maisons rurales qui apparaissent régulièrement dans les séries télévisées historiques. La monnaie est contrôlée par la Banque d’Angleterre. Si l’Écosse et l’Irlande du Nord émettent leurs propres billets, ceux-ci sont souvent refusés par les commerçants anglais. Après que Henri VIII ait fait adopter l’ Act in Restraint of Appeals, qui visait à prohiber tout recours des décisions rendues par les tribunaux ecclésiastiques anglais devant les tribunaux du Saint-Siège, et dont le texte proclamait que le « royaume d’Angleterre est un empire », une campagne brutale réprima les pratiquants de l’ancienne religion. Mais les tentatives faites pour construire une nouvelle identité composite échouèrent clairement. Pour ces raisons, le Royaume-Uni est vulnérable à l’éclatement – une possibilité rendue plus probable par un éventuel Brexit. Ces divisions ne correspondent pas aux frontières traditionnelles. Prenons par exemple le clivage entre la région de Londres, qui ressemble de plus en plus à une scintillante mégalopole internationale, et le reste du pays. A mesure que s’intensifie l’arrivée des immigrés au Royaume-Uni, ce fossé deviendra de plus en plus évident. Et alors qu’une cité d’envergure mondiale comme Londres se doit d’être ouverte au monde – attirant ainsi les talents, les touristes, les employés des services et peut-être par inadvertance des criminels ou même des terroristes – le reste du pays préfère dans l’ensemble le repli sur soi. En fait, il n’est pas certain le Royaume-Uni soit un bon exemple d’État nation qui, aux yeux des europhobes. Je pense que les deux secteurs qui freinent l’économie sont les investissements privés et les exportations, déclare Antonio Fiori.

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